INTERCULTURALITE – Les uns avec les autres

L’interculturalité, cette faculté à respecter la différence culturelle est si peu naturelle qu’elle a été ainsi définie par l’Union européenne : elle prend sa source dans le respect et la capacité de préserver la culture de l’autre. Recursimo, spécialiste de l’interculturel au Brésil, vous en explique tous les fondements.

Conversation during seminar

L’esprit du texte de l’Union européenne est d’aider les hommes à surmonter le rejet de l’étrange et de l’étranger, reviviscence par les peuples des innombrables conflits de territoires et de religions. Dans l’entreprise, microcosme des dynamiques humaines et donc culturelles, les différences groupales sont nombreuses : cultures, métiers, siège et filiale, origine géographique, genre, statut, etc.

Quelle culture dans l’entreprise doit s’imposer à l’autre ?
On peut se demander comment un patron et une direction des ressources humaines peuvent favoriser un climat d’entente respectueuse de toutes ces différences ? Question complexe, car les jeux de pouvoir sont aussi culturels : ceux qui rachètent une structure ou qui créent des succursales à l’international doivent aussi s’adapter à ce qui leur semble étrange et souvent moins efficace. Un tel jugement rend difficile voire impossible la distinction dans la culture de l’autre les qualités à acquérir pour davantage de performance, notion prise dans son sens économique, humain et relationnel.
Qui a raison, qui a tort ? Les exigences de rentabilité ne peuvent suffire à trancher car cette notion même est vécue de maniére différente selon les cultures. C’est une question piège par l’exclusion qu’elle implique, une interrogation source de conflits.

Une solution durable
Une solution durable s’ouvre quand les dirigeants favorisent les conditions d’émergence d’une culture additionnelle à celles qui existent dans leur entreprise. Une culture nouvelle et spécifique, neutre, dont les valeurs sont celles de la conjugaison des différences. Il s’agit alors du dépassement par tous des attitudes ethnocentrées, afin que les cultures présentes soient vécues et expérimentées comme des occasions d’apprendre et de se développer, de manière collective et personnelle.

Une culture, l’interculturel, universelle par l’écoute et le respect de ce qui étonne voire dérange, et dont la construction au quotidien appartient à tous, chacun en devenant le garant. Ce berceau culturel deviendrait le support d’une musique jouée par les instruments d’un orchestre dont la symphonie s’affinerait au jour le jour, soutenue par le désir de l’oeuvre commune.

Virgilio Elizondo nous rappelle que l’enjeu majeur de s’y attacher : « L’humanité, si elle doit survivre, a besoin de trouver une nouvelle manière de traiter les différences culturelles. Là réside la contribution du métis d’aujourd’hui : manifester en sa propre personne que le mélange racial ne conduit pas nécessairement à détruire la nationalité culturelle, mais qu’il peut même contribuer à la construire. »

RECURSIMO (www.lepetitjournal.com – Brésil) lundi 6 avril 2015

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